Afin de contribuer à accroitre la participation des femmes dans les mécanismes de sécurité et de paix en Ituri, conformément à l’agenda femme paix et sécurité de Conseil des Nations Unies, cette action a été menée en date de 24/01/2024 au niveau de gouvernorat. Ceci dans le cadre de projet « appui à la promotion d’une gouvernance sécuritaire inclusive et participative dans le Territoire de Djugu en Province de l’Ituri » financé par PNUD
Il est à signaler pour accompagner les femmes dans la participation genre, ce plaidoyer a été porté par le comité provincial 1325 et la Division Provinciale de Genre Famille et Enfant.
Ce plaidoyer a eu quatre temps forts :
- Le contexte de projet et introduction de l’activité ;
- Présentation de cadre de la rencontre et de la note de plaidoyer ;
- Le feed back des participants et les recommandations ;
- L’adresse de l’autorité :
S’agissant de contexte et l’introduction, il a été constaté en Territoire de Djugu, voir dans la Province de l’Ituri, une très faible participation des femmes dans les mécanismes locaux de paix et de sécurité ; par conséquent non prise en compte des apports des femmes et d’intégrations des besoins spécifiques des femmes dans les plans locaux de sécurité.
La non application des droits de participation des femmes et pourtant reconnus par les textes juridiques ratifiés par la RC. Congo. D’où la persistance des inégalités et de discrimination basées sur les sexes dans le développement communautaire.
Aussi, afin de sensibiliser toutes les catégories communautaires en générale et les décideurs de secteur de la sécurité, une participation représentative de 35 personnes a été très active : les représentants de comité provincial de sécurité (DGM, PARQUET DE GRANDE INSTANCE ET COUR D’APPEL, ANR, PNC, FARDC), les membres de gouvernement militaire, de PDDRC-S, les représentants des Divisions (genre et de l’intérieur), les organisations de la société civile dans ses composantes, les organisations des femmes, les jeunes, les personnes vivant avec handicap,…,
Sous laprésidence dé délégué de Son excellence Monsieur le gouverneur à la personne de son Directeur de Cabinet, dans son adresse celui-ci a déploré l’échec connu par les femmes à la législature nationale, ce qui nécessite de redoubler les efforts pour les accompagner aux élections prochaines et aussi de renforcer le lobbying pour des postes de nomination qui interviendront lors d’installation de nouveau gouvernement (national et provincial) afin de conserver les acquis de gouvernement militaire par rapport au 50% comme la conseillère réservée pour les femmes ; ainsi que de renforcer le plaidoyer pour l’élimination des violences subies par les femmes sur le parcourt politique dont la discrimination par certains partis politiques pour l’alignement, l’insuffisance de moyens logistique, l’insécurité,….
Après la présentation de cadre de la rencontre (les objectifs, les produits et résultats attendus, les cibles, les résultats atteints et les défis dans la réalisation) par FOMI, le lead de consortium , les grandes lignes de la note de plaidoyer a été présenté par la Division Genre Famille et enfant, aussi, profitant de cette opportunité, le plaidoyer pour la signature de l’Arrêté provinciale de la mise en œuvre de la résolution 1325 au niveau territorial a été faite. Ci-dessous les demandes des femmes à Son Excellence Monsieur le Gouverneur de la Province :
- De procéder à la signature de l’arrêté provinciale sur la Résolution 1325 de Conseil des Nations Unies, afin de permettre la mise en place des comités au niveau territorial et des ETDs ;
- De prendre des mesures pour la nomination /affectation des femmes aux postes de prise des décisions dans les institutions et services spécialisés de sécurité (DGM, ANR, PNC, FARDC et Justice) au niveau de la Province et du Territoire, et donner ainsi la possibilité aux femmes de participer de plein droit dans les réunions de comité local de sécurité restreint.
- De veiller à l’application stricte du décret No 13/041 du 16 septembre 2013 sur la participation de la société civile en tenant compte de la parité tel que stipule le dit décret en ses articles 06 et 07
- En attendant les nouvelles nominations/affectations, encourager l’Administrateur du Territoire et les Chefs des ETDs d’explorer les possibilités de faire participer les femmes militaires, policières et responsables de service genre famille et enfants dans la gouvernance de comité local de sécurité restreint.
S’agissant de feed back des participants, d’une façon globale, les participants ont exprimé leur appréciation et soutien à ce plaidoyer sur la participation de la femme dans le secteur de la sécurité car les apports de la femme est énorme dans ce secteur. Aussi, la sécurité n’est plus l’apanage d’un seul acteur/service, mais c’est l’affaire de tous (homme comme femme) c’est-à-dire toutes les couches de la société. A titre illustratif ci-dessous quelques réactions des participants :
- Cette réunion a une valeur très stratégique car le défi à relever par rapport à la participation de la femme est énorme : le changement doit être qualitatif du point de vu pratiques et les normes culturelles discriminatoires, l’application des droits des femmes et des lois,…
- Entre le décret de 2013 et celui de 22/44 de décembre 2022 signé par le premier ministre, il n’y a pas de contradiction, toutefois le gouvernement s’est beaucoup penché sur le secteur de la sécurité en signant le décret qui insisté sur le conseil provincial de sécurité et conseil local de sécurité comme base juridique quant aux participants et reprend l’inclusivité.
- En cas où une décision est prise par une autorité administrative à la violation de droit des femmes ou des citoyens, les femmes ont droit de s’attaquer à cette décision devant la COUR D’APPEL. Cette COUR est aussi compétente pour gérer les requêtes de contestation de contentieux des élections, chaque organisation féminine a la porte ouverte pour venir réclamer ses droits devant la cour d’appel.
- Selon la reforme de secteur sécuritaire, les organisations féminines sont partenaire dans le cadre de la sécurité au niveau de la PNS. Ainsi, les femmes seront invitées à une réunion au plus tard au mois de Mars prochain pour qu’on discute sur la participation de la femme pour la sécurité de notre province.
- Selon les intervenants de secteur judiciaire, si les femmes ont la connaissance de leurs droits, de la loi et des procédures judiciaires, elles auront la facilité de réclamer leurs droits.
- Nous devons capitaliser la pratique de la PNC qui considère les femmes à leurs réservant des unités tel que celle de la protection civile et de la protection d’enfant ainsi que la prévention de la violence sexuelle. Aussi, le gouvernement de la République a réservé pour la PNC un comptant de 30% pour la participation de la femme dans ce secteur de sécurité.
- On ne peut pas continuer à étouffer les droits des femmes reconnus mondialement et par notre pays, a dit un autre intervenant : ainsi il donne son engagement pour accompagner la femme dans cette lutte jusqu’au bout.
DES RECOMMANDATIONS
- Les femmes doivent renforcer le lobbying et le plaidoyer pour la nomination des femmes aux postes de prise de décision a tous les niveaux et dans tous les secteurs de la vie ;
- Un atelier de renforcement de capacité devra être organisé pour la vulgarisation de décret de 2022 ; le renforcement de la femme sur ses droits et sur la loi,.., afin de revendiquer efficacement leurs droits ;
- Les femmes doivent se réveiller pour aller réclamer leurs droits qui sont violés par l’administration publique et autres instances ; c’est pourquoi, elles doivent demander le renforcement de capacité sur la manière dont les femmes peuvent accéder à des fonctions publiques et aux postes de prise de décision ».
- La nécessité d’étendre cette initiative sur toute l’étendus de la province est un besoin de la femme de la Province car ce problème ne concerne pas seulement les femmes de Djugu seulement .
- Le président de la COUR D’APPEL a recommandé aux femmes de se réveiller pour aller réclamer leurs droits et il a aussi demandé aux femmes des associations féminines d’organiser les ateliers pour le renforcement de leur capacité en matière de droits où il est prêt de venir les appuyer.
- Les femmes des associations féminines sont invitées à venir sensibiliser les femmes qui sont en uniformes (PNC/FARDC) pas seulement les femmes civiles ;
- Les femmes des associations féminines sont aussi invitées à sensibiliser les jeunes filles à s’enrôler massivement dans la PNC et dans la FARDC ;
- Les femmes doivent se battre, frapper partout pour retrouver leurs droits : dit le Maire de la ville ; il réitère son engagement pour accompagner les femmes.
Prenant la parole en réponse au plaidoyer des femmes, l’autorité a repris ce qui suit :
- L’arrêté sur la 1325 a déjà dépassé toutes les procédures, de telle manier qu’il a promis qu’elle va sortir à la première occasion. Cependant il sollicite qu’une petite équipe jette le dernier coup d’œil avant la signature par le Gouverneur, pour se rassurer de l’exactitude sans erreur possible.
- Au niveau de la Province, les femmes, les jeunes, les personnes vivant avec handicap…, seront régulièrement invités d’une façon spécifique, dans le comité élargi, afin d’apporter leurs problèmes spécifiques. Pour cela il faut amener des problèmes spécifiques qui n’ont pas de solution et aussi, la femme devra être proactive pour proposer des pistes de solutions possibles.
- Pour la participation des femmes dans les CLSP, le décret de 2013 est clair ; seulement il y a besoin de renforcement des capacités de la femme pour être plus efficace ;
Pour terminer son adresse, le délégué de Gouverneur a promis de rapporter fidèlement les échanges à l’autorité provinciale qui l’a mandaté ; la promesse qui donne la confiance aux femmes pour les suivis de l’aboutissement de l’effectivité de leur participation dans les mécanismes locaux de sécurité et l’intégration de leurs besoins spécifiques dans les plans de sécurité locaux.
Les défis étant grands et le chemin à parcourir encore long pour concrétiser la participation des femmes à tous les niveaux et dans tous les secteurs de la vie, les femmes de l’Ituri sollicitent les appuis de tout acteur d’égalité des droits et de la participation genre, pour soutenir leurs luttes. Pour plus de précision, veillez nous contacter sur nos différents contacts.
Nous vous remercions
Jacqueline DZ’JU MALOSI
Le lead consortium FOMI – ASSOCITURI
CI-DESSOUS QUELQUES ILLUSTRATIONS IMAGÉES DE LA RENCONTRE DE PLAIDOYER DES FEMMES :
- Présentation de cadre de la rencontre de plaidoyer par le lead de projet

- Présentation de note de plaidoyer par le comité provincial de la 1325

- Ouverture de débat par le délégué de Son Excellence Monsieur le Gouverneur de la Province

- Prise de parole et formulation de la recommandation par les membres de la société civile

- L’intervention des membres de gouvernement provincial

- Interventions des membres de comité provincial de sécurité


- Remise officielle de la note de plaidoyer à l’autorité provinciale par le comité 1325 et les responsables de consortium FOMI – ASSOCITURI

L’appropriation de note de plaidoyer par l’autorité provinciale

- Formulation de la reponse de l’autorite au plaidoyer des femmes

- Photos de famille après le plaidoyer des femmes


- Communiqué de presse pour la vulgarisation de plaidoyer des femmes pour participer dans les comités locaux de sécurité en Province de l’Ituri


Jacqueline DZ’JU MALOSI
Le lead consortium FOMI – ASSOCITURI
